Cartographie des affects : une architecture hiérarchique de l’expérience affective fondée sur le traitement prédictif
Mapping Affect: A Hierarchical Architecture of Affective Experience Grounded in Predictive Processing
Simulateur Didactique de l'Affect Prédictif
Expérimentez la genèse d'un affect en sélectionnant les deux évaluations adaptatives
Puis-je agir concrètement pour changer la situation ?
Suis-je prêt à mettre à jour mes croyances internes ?
Aucune évaluation n'est encore tranchée. L'action immédiate est suspendue en attente de l'allocation attentionnelle.
🇫🇷 Résumé (Français)
Publication de RéférenceObjectifs. L’étude scientifique des émotions demeure fragmentée entre les théories des émotions de base, les approches dimensionnelles, les modèles d’évaluation cognitive et le constructionnisme. Cet article vise à dépasser ces clivages en proposant une grammaire fonctionnelle unifiée de l’affect, de l’émotion et du sentiment. S’appuyant sur les cadres du traitement prédictif, de l’inférence intéroceptive et de l’allostasie, nous présentons une cartographie intégrative et heuristique de l’expérience affective.
Cadre et démarche. Adoptant une démarche théorique structurée, cette construction s’ancre dans les développements récents des sciences cognitives et de la psychologie computationnelle. Le principe de minimisation de l’écart de prédiction, socle du traitement prédictif, sert de point d’appui pour articuler une architecture fonctionnelle à quatre volets : un Moteur prédictif, un Noyau affectif, une Matrice affective et une Taxonomie hiérarchique, synthétisés sous forme graphique.
Proposition. Ce cadre redéfinit l’émotion comme la sélection d’une politique d’action visant à résoudre un écart de prédiction saillant, et le sentiment comme l’intégration consciente de cette trajectoire. Structurellement, tout écart perçu déclenche une double évaluation, portant sur la contrôlabilité du monde extérieur (action pragmatique) et sur la révisabilité du modèle génératif interne (mise à jour épistémique). Le croisement de ces deux évaluations génère des configurations prototypiques élémentaires. Déployées à travers différents niveaux de profondeur temporelle et d’abstraction, ces configurations s’organisent en une Taxonomie hiérarchique d’attracteurs probabilistes, formant ainsi une structure logique des états affectifs.
Conclusions. La cartographie des affects constitue un modèle conceptuel structuré offrant une grammaire fonctionnelle de l’expérience affective, centrée exclusivement sur les dynamiques et processus psychologiques. La dynamique structurelle et le placement des prototypes émotionnels proposés formulent des hypothèses, ouvrant de nouvelles voies pour la recherche empirique et la modélisation en psychologie cognitive.
🇬🇧 Abstract (English)
English VersionObjectives. The scientific study of emotions remains fragmented among basic emotion theories, dimensional approaches, cognitive appraisal models, and psychological constructionism. This article aims to overcome these divides by proposing a unified functional grammar of affect, emotion, and feeling. Drawing on the frameworks of predictive processing, interoceptive inference, and allostasis, we present an integrative and heuristic cartography of the affective experience.
Framework and approach. Adopting a structured theoretical approach, this framework is rooted in recent developments in cognitive science and computational psychology. The principle of prediction error minimization, the core of predictive processing, serves as the starting point for articulating a four-component functional architecture: a Predictive Engine, an Affective Core, an Affective Matrix, and a Hierarchical Taxonomy, synthesized graphically.
Proposal. This framework redefines emotion as the selection of an action policy aimed at resolving a salient prediction error, and feeling as the conscious integration of this trajectory. Structurally, any perceived error triggers a dual evaluation, bearing on the controllability of the external world (pragmatic action) and on the revisability of the internal generative model (epistemic update). The intersection of these two evaluations generates elementary prototypical configurations. Deployed across varying levels of temporal depth and abstraction, these configurations organize into a hierarchical taxonomy of probabilistic attractors, thereby forming a logical structure of affective states.
Conclusions. The cartography of affects constitutes a structured conceptual model offering a functional grammar of affective experience, centered exclusively on psychological processes and dynamics. The structural dynamics and the placement of the proposed emotional prototypes generate hypotheses, opening new avenues for empirical research and cognitive psychology modeling.
Comment CARTOGRAFFECT unifie et résout les 4 théories historiques
| Théorie & Auteurs | Postulat Fondamental | Limite / Paradoxe Historique | Résolution par CARTOGRAFFECT |
|---|---|---|---|
| Émotions de Base Ekman (1992), Panksepp (1998) |
Programmes psychologiques discrets avec signatures émotionnelles fixes. | Incapacité à isoler des programmes étanches ; échoue sur la nuance dynamique. | Les émotions de base deviennent des attracteurs probabilistes prototypiques sans essence rigide. |
| Modèle Circumplexe Russell (1980), Fontaine (2007) |
Espace 2D continu défini par la Valence (-/+) et l'Activation (faible/forte). | Met la Peur et la Colère dans le même quadrant sans expliquer leur divergence d'action. | L'activation n'est plus un axe spatial. Peur (-2,0,2) et Colère (-1,1,2) sont distinguées par la contrôlabilité du monde. |
| Évaluation Cognitive (Appraisal) Lazarus (1991), Scherer (2005) |
Évaluation cognitive séquentielle de pertinence pour les buts de l'individu. | Paradoxe temporel : comment une évaluation séquentielle complexe précède-t-elle une réaction en 50ms ? | Résolu par le traitement prédictif bayésien descendant : les évaluations sont des a priori immédiats. |
| Constructionnisme Barrett (2017) |
Catégorisation d'affects primordiaux par des concepts socioculturels et linguistiques. | Risque d'anthropocentrisme ; peine à synchroniser les réponses somatiques sans repères. | Fournit la structure géométrique universelle (Moteur et Noyau L1) sur laquelle la culture s'incarne. |
1. Introduction
Historiquement opposées à la raison, les émotions sont aujourd'hui reconnues comme les moteurs de notre adaptation psychologique et comportementale. Mais la science actuelle était jusqu'ici divisée entre quatre écoles inconciliables. Le traitement prédictif montre que l'esprit humain fonctionne comme un système bayésien qui minimise les erreurs entre ses attentes et ses représentations perceptives. Cartograffect apporte la structure macroscopique et la grammaire fonctionnelle qui manquaient pour transformer ces signaux d'erreur en émotions précises et conscientes.
L’étude des émotions a longtemps pâti d’une marginalisation héritée d’une lecture dualiste opposant la raison aux passions. Cette vision a été relativisée par la psychologie cognitive et affective, qui a restitué aux émotions un statut fonctionnel en démontrant leur rôle fondamental dans la cognition, la prise de décision et la régulation du comportement (Damasio, 1994). Néanmoins, l’élaboration d’une théorie unifiée de leur organisation demeure un défi majeur (Schiller et al., 2024). Les approches cherchant à isoler des signatures émotionnelles discrètes et étanches se sont heurtées à des limites persistantes : l’expérience émotionnelle émerge plutôt de processus psychologiques dynamiques, intégrés et contextualisés que de catégories préprogrammées rigides (Barrett, 2017 ; Lindquist et al., 2012).
Cette complexité épistémologique se reflète dans quatre grands cadres théoriques, chacun circonscrit par ses limites inhérentes. La théorie des émotions de base postule un nombre restreint d’émotions universelles dotées de signatures émotionnelles spécifiques, mais peine à rendre compte de la genèse dynamique des nuances affectives (Ekman, 1992). Les approches dimensionnelles décrivent l’univers affectif selon des axes continus de valence et d’activation, sans élucider l’origine fonctionnelle de ces axes (Fontaine et al., 2007 ; Russell, 1980). Les théories de l’évaluation cognitive font dépendre l’émotion d’une évaluation de la pertinence d’un événement pour les buts de l’individu, et se heurtent à un paradoxe temporel entre évaluation délibérée et réactions quasi instantanées (Lazarus, 1991 ; Scherer, 2005). Le constructionnisme, enfin, conçoit l’émotion comme une catégorisation d’affects fondamentaux à partir du contexte et de la culture (Barrett, 2017), mais s’expose à un anthropocentrisme qui rend difficile l’établissement d’une continuité avec la cognition animale (Panksepp, 2000) et peine à élucider le mécanisme capable de synchroniser les réponses somatiques en l’absence de programmes innés (Adolphs et al., 2019).
Aucun de ces modèles ne fournit donc à lui seul un cadre unifié. Sur ce point, le cadre théorique du traitement prédictif offre une perspective prometteuse par une modélisation du système cognitif comme un agent bayésien qui réduit l’incertitude en actualisant ses croyances internes ou en agissant sur le monde (Friston, 2010 ; Rao & Ballard, 1999). Le cadre repose sur deux notions socles : la croyance, entendue comme estimation probabiliste d’un état du monde, et la hiérarchie, qui organise ces croyances selon une temporalité et un degré d’abstraction croissants (Bottemanne, Longuet, et al., 2022). Appliquée aux signaux internes de l'organisme, cette mécanique se comprend selon une inférence intéroceptive, où les états affectifs émergent de la dynamique des prédictions intéroceptives et de la résolution de leurs écarts (Barrett & Simmons, 2015 ; Seth, 2013 ; Seth & Friston, 2016). Le traitement prédictif demeure néanmoins incomplet (Lee et al., 2021) : s’il fournit un moteur computationnel universel, il ne précise ni la structure macroscopique sur laquelle cette dynamique opère, ni la grammaire qui traduit un signal d’écart en une expérience subjective distincte.
Cet article a pour objectif de proposer une architecture affective unifiée, représentée sous la forme d’une heuristique graphique et mise en relation avec les principes du traitement prédictif et de la minimisation des écarts de prédiction. Ancrée dans la psychologie cognitive et computationnelle, cette cartographie affective fournit une grammaire fonctionnelle et psychologique de l’expérience affective. La thèse défendue peut se formuler ainsi : deux évaluations adaptatives, la révisabilité du modèle interne et la contrôlabilité de la situation, chacune susceptible d’être tranchée positivement, tranchée négativement ou de demeurer indéterminée, engendrent par leur croisement une grammaire qualitative des configurations affectives, reprise récursivement à des niveaux croissants d’abstraction.
2. Position Épistémologique
Le principe d'énergie libre (FEP) : maintenir l'adaptation de l'agent en minimisant l'incertitude et la surprise informationnelle.
L'inférence active : quelles représentations, gradients d'attente/contrôle et opérations sont déployés.
Substrat physique et biologique dont le modèle s'abstrait pour se concentrer sur l'architecture psychologique.
Perception brute de l’état computationnel ; tension vectorielle générée pour résoudre l’incertitude.
Sélection d’une politique d’action lorsque l’affect est catégorisé et rattaché à une cause inférée dans un contexte.
Expérience consciente et intégrée de cette trajectoire d’action déployée dans le temps.
Le présent article constitue une contribution théorique et non une revue systématique : il ne vise pas à recenser exhaustivement un corpus, mais à confronter les principales traditions théoriques des affects au traitement prédictif afin d’en articuler une architecture fonctionnelle cohérente. Les travaux mobilisés ont été retenus selon deux critères : leur caractère fondateur au sein de l’une des quatre grandes traditions du champ, ou leur contribution formelle au traitement prédictif appliqué à l’affect. Cette démarche est heuristique avant d’être déductive, puisqu’elle part d’observations cliniques et de régularités phénoménologiques, puis propose une architecture susceptible de les rendre intelligibles.
Un tel emprunt aux modèles formels de la cognition computationnelle doit d’abord se prémunir contre l’erreur logique consistant à projeter le fonctionnement d’une partie restreinte du système biologique sur des propriétés psychologiques complexes qui n’ont de sens qu’au niveau de la personne entière en interaction avec son milieu (Gauld et al., 2021). À cet égard, trois niveaux doivent impérativement être distingués : le principe d’énergie libre, comme structure formelle dépourvue en elle-même de contenu empirique, l’inférence active, comme théorie de processus qui l’interprète, et le codage prédictif, comme hypothèse d’implémentation (Andrews, 2021). Autrement dit, il importe de distinguer le niveau computationnel qui définit le problème résolu, le niveau algorithmique qui décrit les représentations et les opérations mobilisées, et le niveau de l’implémentation qui désigne le substrat physiologique (Marr, 2010). La cartographie des affects se situe explicitement aux deux premiers niveaux, en expliquant comment les contenus de l’expérience affective se structurent, se transforment et se relient, en maintenant une stricte indépendance vis-à-vis des substrats d'implémentation.
Ce choix épistémologique appelle une précision ontologique. La correspondance retenue entre le corps et la couverture markovienne, d’une part, et l’esprit et les états internes du modèle génératif, d’autre part, ne réintroduit aucun dualisme. Les deux termes ne désignent pas deux substances en interaction causale, mais deux perspectives, phénoménologique et computationnelle, sur un même processus d’auto-organisation de l'agent. La présente proposition ne cherche donc pas à expliquer l’une par l’autre, mais à rendre leurs structures mutuellement lisibles.
3. Fondements Théoriques du Traitement Prédictif Affectif
L'action humaine est régie par deux valeurs complémentaires :
• Valeur pragmatique : agir sur le monde pour atteindre un état désiré (réduire le risque).
• Valeur épistémique : explorer et apprendre pour réduire l'incertitude sur le monde.
• Homéostasie : réaction corrective passive après écart (Point de Veille 0,0,0).
• Allostasie : régulation proactive par anticipation avant la perturbation.
• Valence : signal de réussite ($-\frac{dF}{dt}$) ou d'échec de la résolution allostatique.
S’inscrivant dans le cadre de la cognition incarnée, située et étendue, le traitement prédictif conçoit l'esprit non pas comme un processeur abstrait désincarné, mais comme un système engagé dans une boucle dynamique perception-action au service de l'adaptation psychologique et comportementale (Clark, 2013, 2016). Le formalisme de l’inférence active modélise l’organisme comme un agent bayésien qui maintient sa viabilité en minimisant la divergence entre ses prédictions et les signaux sensoriels, et ce, soit en ajustant ses modèles internes, soit en agissant sur son environnement pour conformer la réalité sensorielle à ses attentes (Friston et al., 2017 ; Pezzulo et al., 2015). L’action y est évaluée selon deux valeurs complémentaires : une valeur pragmatique, qui consiste à atteindre un état souhaité, et une valeur épistémique, qui consiste à réduire l’incertitude. L’organisme ne cherche donc pas à modéliser le monde de manière exhaustive, mais plutôt à préserver son intégrité adaptative.
L’allostasie désigne une régulation par anticipation, par laquelle l’organisme ajuste ses paramètres physiologiques en prévision des besoins à venir plutôt qu’en réaction à un écart déjà survenu, les points de consigne étant eux-mêmes variables et déterminés par l’expérience passée (Sterling, 2012). Elle se distingue ainsi de l’homéostasie, qui corrige les déviations autour de points de consigne fixes une fois celles-ci constatées. Cette distinction s’avère structurante pour le modèle proposé : le Point de Veille relève du régime homéostatique, tandis que le déplacement sur les Axes X et Y relève du régime allostatique, l’Anticipation engageant les ressources avant la survenue de la perturbation.
4. Le Moteur Prédictif
Le Moteur prédictif décrit la manière dont l’organisme gère l’incertitude à travers trois interfaces interdépendantes : subjective, perceptive et attentionnelle, que nous projetons respectivement sur les Axes X, Y et Z. Nous le formulons dans le cadre de l’inférence active (Friston, 2010 ; Friston et al., 2017). Les états du système s’y partitionnent en quatre ensembles : les états externes sont les fluctuations du milieu, les états sensoriels en enregistrent les perturbations, les états actifs portent les réponses effectrices et les états internes hébergent le modèle génératif. Les deux ensembles médiateurs forment une couverture markovienne, dont la propriété définitionnelle est une indépendance conditionnelle : l’intérieur et l’extérieur ne communiquent qu’à travers cette frontière (Kirchhoff et al., 2018).
Architecture unifiée et dynamique vectorielle de l’affect
5. Le Noyau Affectif
L’affect primaire se déploie au sein du Noyau affectif, une structure dynamique où se condensent les forces régulatrices de l’organisme. S’appuyant sur les trois interfaces, le Noyau projette les fluctuations affectives et cognitives sous forme de coordonnées organisées selon une double dynamique de charge (écart non résorbé / énergie libre croissante) et de décharge (écart résorbé / énergie libre décroissante).
Le système cognitif étant assujetti à des contraintes attentionnelles (Feldman & Friston, 2010), nous postulons que la résolution d’un écart peut être représentée par une allocation finie entre deux voies, l’action pragmatique sur le monde et la révision épistémique du modèle interne. L’emploi de la métrique de Manhattan (norme L1) traduit cette conservation du budget attentionnel :
Sur le plan géométrique, cette contrainte définit à chaque strate une ligne de niveau de la norme L1, soit un losange de rayon 2Z − 2 centré sur l’opérateur (0, 0, Z) de la strate. À Z = 2, le budget est égal à 2. Les solutions entières se réduisent strictement à 8 positions : 4 positions axiales saturées (±2, 0) et (0, ±2) où une seule dimension tranche, et 4 positions combinées équilibrées (±1, ±1) où les deux dimensions sont conjointement résolues.
Schéma du Noyau affectif en coupe à la strate Z = 2
6. La Matrice Affective
La Matrice affective a pour fonction fondamentale de traduire la dynamique computationnelle du Noyau en un espace de projection phénoménologique, accomplissant ainsi l’arrimage entre le niveau algorithmique de l’inférence active et l’expérience vécue. En fixant des étiquettes sémantiques sur ces positions, elle permet d’associer à chacune une catégorie émotionnelle qui ne constitue ni une essence biologique ni un programme fixe, mais bien un prototype fonctionnel.
Deux diagonales organisent les prototypes combinés :
• Diagonale de congruence : les deux polarités sont de même signe. Le Désir (+1, +1, 2) unit un modèle révisable et un monde contrôlable ; son opposé, le Dégoût (-1, -1, 2), unit un modèle non révisable et un monde non contrôlable (rejet impératif).
• Diagonale de compensation : les polarités sont de signes opposés. La Colère (-1, +1, 2) unit un modèle non révisable et un monde contrôlable (l'action s'impose pour aligner le monde sur mes attentes) ; son opposé, le Calme (+1, -1, 2), unit un modèle révisable et un monde non contrôlable (l'effort d'action est suspendu pour réviser le modèle).
Matrice affective en coupe à la strate Z = 2
7. La Taxonomie Hiérarchique (Les 5 Couches)
Appliquée à chaque niveau de l’Axe Z, la structure de la Matrice se reprend en une Taxonomie hiérarchique. Cette Taxonomie organise l’univers affectif selon des niveaux croissants de profondeur temporelle, d’abstraction et d’intégration des modèles génératifs.
Veille homéostatique de fond ; flux intéroceptifs sans saillance ni profondeur inférentielle.
Rupture de veille ; enregistrement d'un écart saillant sans orientation encore déterminée.
Première couronne affective : 4 axiales (Joie, Tristesse, Peur, Courage) et 4 combinées (Désir, Colère, Calme, Dégoût).
Émotions réactives : la configuration persiste, s'intensifie ou se différencie selon son histoire immédiate (|X|+|Y|=4).
Sentiments réflexifs : modèles de second ordre portant sur autrui et sur le modèle de soi (|X|+|Y|=6).
Orientations stables & Humeurs : paramètres lents du modèle génératif sur classes étendues de situations (|X|+|Y|=8).
Synthèse de la Taxonomie Hiérarchique des Affects
8. Discussion, Applications & Prédictions Empiriques
Le Trouble Dépressif comme Verrouillage Profond
La dépression se caractérise par une immunisation cognitive (maintien des croyances négatives malgré les démentis). Dans le modèle, elle correspond à une charge d'Attente (-X, modèle non révisable) couplée à une absence d'action (-Y, monde non contrôlable), soit le quadrant du Dégoût cristallisé à Z=5 où les paramètres lents du modèle génératif ont une forte inertie.
Biais Attentionnels & Habitudes d'Échantillonnage
Un sur-échantillonnage de l'éveil somatique ou à l'inverse un biais externe bloque l'intégration multimodale. Ce verrouillage empêche de réduire l'incertitude sur les états affectifs latents, confinant l'agent dans des attracteurs axiaux indéterminés et entravant l'acquisition de nuances émotionnelles.
En manipulant la contrôlabilité d'une situation (Axe Y), le taux de révision des croyances (Axe X) doit varier en sens inverse. Une covariation positive réfuterait la contrainte de Manhattan.
Les temps de séjour dans les positions axiales (Joie, Tristesse, Peur, Courage) doivent être significativement plus brefs que dans les attracteurs combinés (Colère, Calme, etc.).
Une configuration engagée à une strate profonde ($Z=5$, humeurs) présente une inertie supérieure et une résistance accrue à l'information contradictoire par rapport à $Z=2$ ou $Z=3$.
9. Conclusion & Statut de Propriété Intellectuelle
La cartographie des affects propose une architecture conceptuelle mise en relation avec le traitement prédictif pour organiser la psychologie des émotions. Sa contribution principale est de cesser de considérer l’affect comme une perturbation de la cognition, pour plutôt le repositionner comme son principe organisateur et comme l’opérateur adaptatif fondamental face à l’incertitude (Clark, 2013).
L’affect y est conçu comme le produit d’une interaction prédictive continue entre les Interfaces Perceptive, Subjective et Attentionnelle. L’Attente et le Contrôle qui en découlent structurent une Matrice affective cartographiant non pas un espace figé, mais bien des gradients et des attracteurs probabilistes, à partir desquels se déploie une Taxonomie hiérarchique allant des processus primordiaux aux orientations affectives stables.
L’auteur déclare n’avoir aucun conflit d’intérêts potentiel en lien avec la recherche, la rédaction ou la publication de cet article. Ce travail n’a bénéficié d’aucune source de financement spécifique issue d’organismes subventionnaires des secteurs public, commercial ou à but non lucratif.
49 Références Fondamentales
Publications internationales à l'origine des postulats du modèle Cartograffect (Cabelguen, 2026, pp. 19–23).
Current Biology, 29(20), R1060–R1064.
Apport à Cartograffect : Souligne le défi de synchroniser les réponses somatiques en l'absence de programmes innés rigides, que l'inférence active intègre par ses boucles sensorimotrices récursives.
Biology & Philosophy, 36(3), 30.
Apport à Cartograffect : Fonde la distinction épistémologique stricte des trois niveaux (FEP formel, inférence active comme théorie de processus, et codage prédictif) ; justifie le postulat heuristique du budget attentionnel fini.
Houghton Mifflin Harcourt, Boston.
Apport à Cartograffect : Théorie de l'émotion construite. Décrit l'affect primaire comme émergence prélinguistique et allostatique que les concepts catégorisent en émotions discrètes.
Phil. Trans. R. Soc. B, 371(1708), 20160011.
Apport à Cartograffect : Explique comment un modèle génératif incapable de réviser ses croyances allostatiques négatives conduit à l'effondrement dépressif (quadrant Dégoût à Z=5).
Nature Reviews Neuroscience, 16(7), 419–429.
Apport à Cartograffect : Modèle Embodied Predictive Interoception Coding (EPIC). Démontre l'architecture prédictive reliant les représentations cognitives descendantes aux régulations et éprouvés intéroceptifs.
L’Encéphale, 47(1), 58–63.
Apport à Cartograffect : Fournit le socle computationnel de la 5e couche (Recul Z=5) en modélisant l'humeur comme la précision de second ordre associée aux prédictions émotionnelles.
L’Encéphale, 48(2), 188–195.
Apport à Cartograffect : Identifie les trois perturbations conjointes du modèle génératif dans la dépression : immunisation cognitive (-X rigide), biais de mise à jour et difficulté de désengagement.
L’Encéphale, 48(4), 436–444.
Apport à Cartograffect : Présente la double architecture de l'esprit prédictif : la croyance probabiliste (états cachés) et la hiérarchie temporelle d'abstraction croissante.
Behavioral and Brain Sciences, 36(3), 181–204.
Apport à Cartograffect : Repositionne l'affect non comme une perturbation de la raison, mais comme le principe organisateur adaptatif fondamental de l'agent situé face à l'incertitude.
Oxford University Press, New York.
Apport à Cartograffect : Formalise la boucle perception-action comme un « surf » continu sur les vagues d'incertitude environnementale et somatique.
Brain and Cognition, 112, 3–12.
Apport à Cartograffect : Alerte épistémologique sur le risque de non-réfutabilité globale du traitement prédictif ; motive les 3 prédictions empiriques falsifiables de l'article (Section 8.2).
Journal of Mathematical Psychology, 99, 102447.
Apport à Cartograffect : Fournit la spécification algorithmique du modèle génératif sous forme de processus de décision markovien partiellement observable (POMDP).
Putnam, New York.
Apport à Cartograffect : Dépassement historique du dualisme cartésien ; hypothèse des marqueurs somatiques réinterprétée en inférence active comme a priori intéroceptifs.
Nature Reviews Neuroscience, 14(2), 143–152.
Apport à Cartograffect : Fonde la séparation terminologique stricte adoptée entre affect (état computationnel brut), émotion (politique d'action contextuelle) et sentiment (intégration consciente dans le temps).
Nature Human Behaviour, 5(7), 816–820.
Apport à Cartograffect : Manifeste scientifique établissant l'affectivisme comme nouveau paradigme dominant des sciences de l'esprit, que Cartograffect dote d'une grammaire géométrique rigoureuse.
Cognition and Emotion, 6(3–4), 169–200.
Apport à Cartograffect : Référence classique sur les émotions fondamentales ; Cartograffect conserve ces catégories comme des repères prototypiques locaux sans souscrire à leur essentialisme biologique.
Frontiers in Human Neuroscience, 4, 215.
Apport à Cartograffect : Modélise mathématiquement l'attention comme une pondération de précision (Interface Attentionnelle / Axe Z) régulant le rapport de force entre prédictions et sensations.
Psychological Science, 18(12), 1050–1057.
Apport à Cartograffect : Prouve empiriquement l'insuffisance des modèles bidimensionnels et la nécessité d'intégrer le contrôle et l'imprévisibilité temporelle (Axe Z).
Cambridge University Press.
Apport à Cartograffect : Inspire directement le Gradient de Contrôle (Axe Y) par le concept de « préparation à l'action » (action readiness), distinguant la capacité d'agir du repli passager.
Nature Reviews Neuroscience, 11(2), 127–138.
Apport à Cartograffect : Article séminal posant que tout système vivant résiste à la dispersion en minimisant une borne supérieure sur la surprise informationnelle (l'énergie libre variationnelle).
Neural Computation, 29(1), 1–49.
Apport à Cartograffect : Théorie de processus décrivant l'arbitrage entre valeur pragmatique (atteindre un but / Axe Y) et valeur épistémique (réduire l'incertitude / Axe X).
Annales Médico-psychologiques, 179(1), 63–71.
Apport à Cartograffect : Prémunit le modèle contre l'erreur méréologique consistant à attribuer à une composante biologique restreinte ce qui appartient au sujet psychologique dans son milieu.
Review of General Psychology, 2(3), 271–299.
Apport à Cartograffect : Modèle séquentiel de régulation émotionnelle, réinterprété en inférence active comme une réallocation de la précision attentionnelle et des a priori.
Neural Computation, 33(2), 398–446.
Apport à Cartograffect : Modélisation de l'émergence formelle de la valence affective dans les hiérarchies profondes d'inférence active à travers la vitesse de résolution des écarts.
Science, 366(6472), 1517–1522.
Apport à Cartograffect : Analyse de colexification sur près de 2500 langues démontrant que la sémantique émotionnelle repose sur une structure universelle sous-jacente tout en admettant une modulation culturelle.
Mind, 9(34), 188–205.
Apport à Cartograffect : Texte historique fondateur de la psychologie des affects : l'émotion corporelle précède le sentiment conscient, unifié dans le modèle par l'inférence intéroceptive.
PLoS Computational Biology, 9(6), e1003094.
Apport à Cartograffect : Fournit la définition de la valence comme taux de variation négatif de l'énergie libre au cours du temps (décharge = valence positive / charge = valence négative).
Journal of The Royal Society Interface, 15(138), 20170792.
Apport à Cartograffect : Fonde la partition markovienne du Moteur Prédictif : environnement (états externes), corps (couverture sensorielle/active) et esprit (états internes du modèle génératif).
Oxford University Press, New York.
Apport à Cartograffect : Théorie cognitive de l'évaluation adaptative ; le paradoxe temporel entre délibération et instantanéité est résolu par les a priori bayésiens descendants.
Neuron, 73(4), 653–676.
Apport à Cartograffect : Modèle de codétermination continue dépassant l'opposition classique entre circuits de survie sous-corticaux réflexes et sentiments conscients corticaux.
Neuroscience & Biobehavioral Reviews, 131, 211–228.
Apport à Cartograffect : Constat majeur que le traitement prédictif manque jusqu'alors d'une structure macroscopique et d'une grammaire qualitative des émotions, justifiant la création de Cartograffect.
Behavioral and Brain Sciences, 35(3), 121–143.
Apport à Cartograffect : Méta-analyse démontrant l'absence de signatures émotionnelles isolées ou rigides ; appuie la vision d'attracteurs probabilistes psychologiques dynamiques et distribués.
MIT Press, Cambridge (Ouvrage original 1982).
Apport à Cartograffect : Cadre épistémologique tripartite : Cartograffect se situe explicitement au niveau computationnel (problème adaptatif résolu) et algorithmique (gradients X, Y, Z).
European Review of Social Psychology, 28(1), 95–133.
Apport à Cartograffect : Démontre comment la culture fournit les a priori socioculturels guidant la transition et la stabilisation des attracteurs affectifs.
Oxford University Press, New York.
Apport à Cartograffect : Identification des 7 systèmes émotionnels primaires mammifères (SEEKING, FEAR, RAGE...) correspondant aux polarités réactives élémentaires du modèle.
Consciousness & Emotion, 1(1), 15–54.
Apport à Cartograffect : Souligne l'ancrage phylogénétique de la conscience affective et critique l'anthropocentrisme des modèles purement linguistiques.
Progress in Neurobiology, 134, 17–35.
Apport à Cartograffect : Démontre comment l'inférence active unifie la régulation homéostatique autonome et le contrôle comportemental orienté vers un but.
Nature Neuroscience, 2(1), 79–87.
Apport à Cartograffect : Article pionnier établissant l'architecture hiérarchique du codage prédictif : prédictions descendantes contre signaux d'erreur ascendants.
Journal of Personality and Social Psychology, 39(6), 1161–1178.
Apport à Cartograffect : Modèle circumplexe de référence ; Cartograffect en propose une relecture générative : l'activation devient une vitesse de trajectoire et la Peur est dissociée de la Colère.
Psychological Review, 110(1), 145–172.
Apport à Cartograffect : Théorisation du « core affect » (affect primaire) comme état affectif fondamental (valence et activation) accessible aux strates intuitives de la conscience.
Journal of Personality and Social Psychology, 76(5), 805–819.
Apport à Cartograffect : Formalise les trois étapes : affect brut → épisode prototypique → catégorisation verbale, correspondant aux strates Z=0..2, Z=3 et Z=4 de la Taxonomie.
Social Science Information, 44(4), 695–729.
Apport à Cartograffect : Modèle des composantes et Geneva Emotion Wheel ; Cartograffect affine le placement de la Peur comme orientation axiale instable plutôt que faible contrôle figé.
Neuroscience & Biobehavioral Reviews, 158, 105450.
Apport à Cartograffect : Projet international contemporain d'unification du champ des affects (« l'affectome humain ») auquel la présente architecture offre une axiomatique computationnelle rigoureuse.
Trends in Cognitive Sciences, 17(11), 565–573.
Apport à Cartograffect : Théorie de la bête-machine prédictive : le soi incarné émerge de l'inférence intéroceptive continue et de la régulation de l'allostasie.
Phil. Trans. R. Soc. B, 371(1708), 20160007.
Apport à Cartograffect : Modélisation mathématique du contrôle viscéro-moteur par inférence active et intégration intéroceptive de l'éveil somatique.
Frontiers in Psychology, 10, 2844.
Apport à Cartograffect : Simulation numérique formelle de l'allocation attentionnelle comme « action mentale » ; éclaire l'étiologie des biais attentionnels et du blocage des inférences émotionnelles.
Frontiers in Human Neuroscience, 10, 550.
Apport à Cartograffect : Théorie métacognitive de l'auto-efficacité allostatique : éclaire le passage d'une fatigue passagère à l'impuissance acquise et au sentiment d'échec régulateur.
Physiology & Behavior, 106(1), 5–15.
Apport à Cartograffect : Fonde la distinction entre Point de Veille (régime homéostatique réactif, points fixes) et Anticipation Z=2 (régime allostatique prédictif, ajustement dynamique).
bioRxiv [prépublication computationnelle].
Apport à Cartograffect : Prouve par simulation que la baisse de précision intéroceptive induit un échec des réponses motrices correctrices uniquement lorsqu'une dynamique d'action est modélisée.
Aucune publication ne correspond à votre recherche.